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Fixelancen, suite et fin

En 2016, la skyline de Copenhague et les armoiries de la municipalité ont pris place sur le Fixelancen. Juste avant de faire demi-tour…

📍Publié en annexe du reportage Nuit stupéfiante à Copenhague

 

Devant les briques verdâtres, la petite lumière du Fixelancen. Celui-ci est figé, et il le restera. En décembre 2016, à la veille de Noël, le Fixelancen a été remis au garage par la municipalité de Copenhague. Une fermeture qui a laissé un goût amer chez tous ceux qui ont oeuvré pour la réduction des risques à Vesterbro.

Michael Lodberg Olsen n’est pas en reste : « Fermer le Fixelancen, c’est un gros doigt d’honneur de la ville de Copenhague à tous ses utilisateurs. » Lui qui, en octobre, racontait encore avec plaisir cette anecdote un poil tordante : « Lorsque j’ai lancé le premier Fixelancen le 12 septembre 2011, ça n’a pas vraiment plu à la mairie. Ils sont venus me voir pour me taper sur les doigts et me dire ‘ce que vous faites est illégal’. Alors oui, à l’époque, c’était illégal. Les salles d’injection n’étaient pas autorisées. Mais il fallait se bouger. La municipalité a porté plainte contre nous pour en finir avec le Fixelancen. L’initiative était entièrement inédite dans la lutte pour la réduction des risques. Il fallait qu’on continue. J’ai pris un avocat. Ensemble, nous avons lu et relu la loi danoise. Eh bien, vous savez quoi ? Puisque j’ai été le premier à ouvrir une ‘salle d’injection sur roues’, il n’est écrit nulle part dans la loi que c’était interdit ! Voilà comment nous avons gagné. »

Le Fixelancen a toujours été considéré comme une initiative de désobéissance civile. Sa fermeture serait une décision politique, et surtout financière. En 2016, la gestion du Fixelancen a coûté près de 2,4 millions de couronnes danoises (323 000 euros). Un budget qui ne serait plus acceptable pour la municipalité. Joachim Rasmussen, coordinateur du Fixelancen pour la municipalité, nous explique : « Après l’ouverture de H17, il ne restait qu’une toute petite demande pour le Fixelancen ici, à Vesterbro ». Lors de réunions municipales, il avait été proposé de déplacer le Fixelancen dans d’autres quartiers, « pas spécialement des scènes ouvertes, mais là où il y a un taux élevé de morts liées à la consommation de drogue ». Demande refusée. « Aujourd’hui, le Fixelancen est au dépôt. Nous attendons quoi faire. Une ONG et une autre municipalité se sont proposées pour racheter le véhicule. » Malgré tout, Joachim Rasmussen n’exclut pas que la ville de Copenhague relance les négociations et cherche une nouvelle place à l’ambulance des stupéfiants.